Fujifilm dévoile le X-Pro 2

La marque japonaise renouvelle son fer de lance, avec un hybride de 24 MP résolument original.

 

En voilà un qui s’est fait désirer. Quatre ans après le lancement du X-Pro1, qui avait inauguré de façon remarquée le renouveau de Fuji par l’hybride, son successeur voit enfin le jour. Ce X-Pro 2 en reprend la formule gagnante en la modernisant. Le boîtier, que nous avons pu essayer, garde son look intemporel de télémétrique, combiné à un viseur unique en son genre : il s’agit du seul appareil du marché à combiner viseur optique et viseur électronique, les deux modes de visée alternant à l’aide d’un petit levier. En termes d’ergonomie, on reste donc en terrain connu, avec bien sûr de petites modifications qui devraient s’avérer décisives sur le terrain : grip mieux dessiné, seconde molette de réglage à l’avant. Dommage que le correcteur d’exposition continue de se dérégler un peu trop facilement. Ce dernier adopte une position C pour aller au delà de +/-3 IL, jusqu’à +/- 5 IL. Autre bonne idée, le réglage de la sensibilité par une sous-molette mécanique intégrée au barillet des vitesses permet un pré-réglage même quand l’appareil est éteint, comme en argentique.

 

Un viseur et un capteur pas comme les autres
Le gabarit de cet appareil en aluminium reste relativement imposant et le poids augmente un peu pour passer de 450 à 500 g. Le viseur évolue avec notamment, en mode optique, l’ajustement automatiquement du grossissement selon l’objectif utilisé, et un télémètre affichant la zone centrale du viseur électronique au-dessus de la visée optique, comme sur le récent compact X100T. La dalle de l’EVF offre une maille beaucoup plus fine (2,36 millions de points RVB contre 1,23 pour le x-Pro1), et une fluidité bien meilleure (85 i/s contre 54 i/s), ce qui devrait améliorer considérablement le confort de visée. Fuji n’hésite pas à comparer cet EVF au viseur d’un reflex, et même si c’est encore un peu optimiste, on s’en rapproche en effet.

 

Comme on pouvait s’y attendre, c’est en matière d’électronique que l’écart va se faire aussi sentir. Le capteur 16 MP de format APS-C du X-Pro1, hérité du compact X100, commençait à accuser son âge : il restait le dernier de la gamme à exploiter la technologie X-Trans de première génération, dépassée sur de nombreux points. Le X-Pro 2 saute une case en inaugurant le capteur X-Trans III, premier du genre à atteindre une définition de 24,3 MP. Rappelons que par leur structure particulière, répartissant de façon pseudo-aléatoire les photosites colorés, les capteurs Fuji X-Trans offrent une finesse de rendu remarquable, avec des détails et des couleurs très naturels. Comme de nombreux photographes, nous avions salué cette innovation et sommes donc impatients de voir comment la nouvelle version améliorera encore la qualité d’image. Selon Fujifilm, les performances en faibles lumières seront particulièrement bonnes, avec un bruit modéré, des gradations continues et des noirs profonds jusqu’à la sensibilité de 12 800 ISO. Alléchant… L’appareil propose deux nouveaux modes de simulation de film noir et blanc : le mode Acros, qui donne un modelé très fin comme la pellicule Fujifilm éponyme, et le mode Effet de grain, qui comme son nom l’indique adopte l’effet inverse.

 

Une réactivité sans commune mesure
Là où le X-Pro 2 devrait encore se démarquer, c’est sur le plan de la réactivité. Le X-Pro1 pouvait en effet s’avérer assez poussif, avec des temps de latence au déclenchement de l’ordre de la demi-seconde ! Comme nous avons déjà pu le constater lors de notre prise en main, le nouveau processeur X Pro améliore significativement les temps de réponse de l’appareil. Le démarrage est bien plus rapide (0,4 s selon Fujifilm), et la mise au point est quasi immédiate (de l’ordre du dixième de seconde cette fois-ci). Intégrant un autofocus à détection de phase, le nouveau capteur X-Trans III analyse le sujet sur 77 zones (contre 49 auparavant), et couvre maintenant 40% du champ. Une nouvelle manette permet de déplacer rapidement la zone de mise au point dans le champ de visée.

 

De son côté, l’obturateur monte dorénavant au 1/8000 s (contre 1/4000 s) et atteint une vitesse de synchro flash de 1/250 s (contre 1/180s), on pourra donc plus aisément photographier à pleine ouverture par forte luminosité, ou figer des mouvements rapides. L’appareil permet par ailleurs d’enchaîner jusqu’à 8 i/s en mode rafale, et se dote d’un intervallomètre. Pour la première fois sur modèle de série X, le X-Pro 2 dispose de deux lecteurs de cartes SD. Pratique, tout comme le mode wi-fi pour le contrôle et le transfert des images à distance. Seul vrai regret, l’autonomie reste faiblarde, avec seulement 300 images environ par charge. L’appareil sera lancé en février au prix de 1800 € boîtier nu. Parmi les accessoires optionnels, notons la poignée d’appoint (130 €), l’étui en cuir (100 €), ou encore le flash EF-X500, qui sortira au printemps à un tarif non encore défini.

 

Source: Réponse photo